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Le Blog de jlduret

« Pensez juste ou pensez faux mais pensez par vous-même ! »


Non, l’ouragan Harvey n’est pas une manifestation du réchauffement climatique

Publié par Usbek sur 12 Septembre 2017, 10:47am

Catégories : #Réchauffement climatique, #Ouragans

 

Dans l’édition du 28 août 2017 du journal Le Monde Stéphane Foucart titre son article consacré à l’ouragan Harvey : « Le réchauffement climatique rend l’est des Etats-Unis extrêmement vulnérable ».

Selon lui, « l’ouragan Harvey, qui a provoqué des inondations historiques au Texas, apparaît comme une concrétisation du risque climatique ».

La preuve selon Michael Mann 

Stéphane Foucart s’appuie sur les propos du climatologue Michael Mann : « Il y a certains facteurs liés au changement climatique dont nous pouvons dire, avec un haut niveau de confiance, qu’ils aggravent les inondations ».

Rappelons que Michael Mann _le célèbre faussaire_ est l’auteur de la célèbre courbe connue sous le nom de crosse de hockey dont il a été démontré qu’elle était erronée (pour ne pas dire frauduleuse).

Stéphane Foucart poursuit : « La vulnérabilité de l’Est des Etats-Unis au changement climatique se lit dans l’accumulation récente de catastrophes majeures ».

Il cite Katrina en 2005, Sandy en 2012 et Ike en 2008. Pourquoi n’a t-il pas cité l’ouragan de catégorie 4 qui a frappé Galveston en 1900, tuant entre 6 000 et 12 000 personnes et qui fut la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire des États-Unis ?

Selon la NOAA, il n’y a pas d’évolution significative de l’activité cyclonique aux Etats Unis depuis 1851

Dans un document intitulé The deadliest, costliest, ans most intense United States tropical cyclones from 1851 to 2010, l’agence américaine NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a classé les ouragans ayant frappé les Etats Unis au cours de la période 1851-2010 en fonction de leur intensité mesurée selon la force des vents (Echelle Saffir/Simpson).

Rappelons que la NOAA ne recense dans ce document que les ouragans ayant frappé les côtes américaines et non pas l’activité cyclonique dans son ensemble qu’il était impossible de mesurer avant les observations satellitaires qui n’ont commencé qu’à la fin des années 1970.

Il ressort de ce document que sur les 35 cyclones les plus violents (catégorie 3 ou supérieures), 17 sont survenus avant 1950, 11 entre 1954 et 1989, et 7 entre 1992 et 2010. Le cyclone le plus intense est FL Key (1935) suivi de Camille (1969), Katrina (2005) arrivant en 3ème position.

Le tableau ci-dessous extrait de ce rapport indique le nombre d’ouragans par décade de 1851 à 2010 classés selon leur intensité (échelle de 1 à 5) :

ouragans Etats Unis

Ce tableau fait apparaître que les trois décennies ayant connu le plus grand nombre d’événements majeurs (catégorie 3 et plus) sont les plus anciennes :

Ouragans aux Etats Unis

Source NOAA

Inversement, les décennies ayant connu le nombre de cyclones majeurs le plus faible se situent dans les 50 dernières années :

ouragans

Source NOAA

La période 2010-2016 marque un ralentissement 

Grâce aux satellites il est aujourd’hui possible de répertorier l’ensemble des événements et non pas seulement les ouragans ayant « atterri ».

Le tableau ci-dessous élaboré à l’aide des données fournies par la NOAA montre l’évolution du nombre d’ouragans dans l’atlantique nord pendant la période 2010-2016.

Aucune évolution significative n’est perceptible; on observe plutôt une diminution du nombre d’ouragans de forte intensité (catégorie 3 et supérieures).

Ouragans dans l'Atlantique Nord

Ouragans dans l’Atlantique Nord (source NOAA)

Les inondations catastrophiques de Houston sont elles  une manifestation du réchauffement climatique ?

Interrogé par Le Parisien, Jean Jouzel, ancien vice-président du Giec reconnaît qu’aucune étude n’a mis en évidence une intensification de l’activité cyclonique mais suggère que le réchauffement climatique pourrait en intensifier les effets dévastateurs comme le montre les inondations à Houston.

Dans un article intitulé Why Houston Flooding Isn’t a Sign of Climate Change le climatologue Roy Spencer (Université d’Alabama) a fait le point sur cette question : le système tropical qui se déplaçait à 15 km par heure s’est rapidement atténué après avoir atterri de sorte que la pluie s’est concentrée sur une partie relativement restreinte du Texas (autour de la région de Houston) au lieu de se répandre sur une plus vaste zone comme c’est habituellement le cas.

Que la pluie s’abatte sur une zone vaste ou peu étendue relève du hasard et n’a rien à voir avec le réchauffement climatique explique Roy Spencer qui rappelle que lors de la tempête tropicale Claudette en 1979 (une tempête beaucoup moins intense), il est tombé plus d’un mètre de pluie (43 pouces) en 24 heures à Houston.

Augmentation des risques ou augmentation de l’exposition aux risques ?

« Harvey pourrait s’avérer la plus coûteuse de toutes les catastrophes météorologiques de l’histoire des Etats-Unis » nous explique Stéphane Foucart.

Selon les estimations de la NOAA écrit-il, Katrina arrive en tête avec 108 milliards de dollars, devant Sandy (75 milliards de dollars) et Ike (37 milliards de dollars).

L’argument est spécieux car les dommages économiques renseignent sur l’exposition aux risques mais en rien sur une supposée intensification des phénomènes climatiques extrêmes.

Stéphane Foucart est plus Gieciste que le GIEC !

Dans son rapport de 2012 sur les évènements extrêmes (SREX), le GIEC accordait un faible degré de confiance à toute augmentation observée à long terme (40 ans ou plus) de l’activité cyclonique dans les zones tropicales (intensité, fréquence, durée) :

 « L’attribution à une influence humaine de tout changement décelable dans l’activité des cyclones tropicaux ne bénéficie que d’un faible degré de confiance, pour diverses raisons: incertitudes qui entachent les relevés historiques, compréhension imparfaite des mécanismes physiques qui lient les paramètres des cyclones tropicaux au changement climatique et degré de variabilité de l’activité cyclonique ».

 Ce qui en revanche est reconnu par le GIEC, c’est l’augmentation continue de l’exposition aux risques (du fait notamment de l’augmentation de la population et de la tendance de celle-ci à se concentrer dans des zones littorales).


Pour une étude approfondie sur l’évolution des événements climatiques extrêmes, cliquez ici

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